Plan

  1. Le fonctionnement de l’œil
  2. Testez votre vue
    1. Comment mesurer la vision ?
    2. Comment mesurer le degré de myopie, d’hypermétropie, d’astigmatisme et de presbytie ?
    3. Quelle différence y a-t-il entre les dioptries et les dixièmes ?
    4. Comment interpréter une prescription de lunettes et de lentilles de contact ?

Le fonctionnement de l’œil

Si l’on compare la vue à un appareil vidéographique, l’œil serait l’appareil de photo ou caméra. Pour être observée, l’image filmée par la caméra doit être transmise au magnétoscope équipé d’un ordinateur et d’un écran de télévision. Cet ensemble magnétoscope-ordinateur-écran est le cerveau. Le cordon téléphonique ou électrique qui relie l’œil au cerveau est comparable à l’ensemble nerf optique-voies optiques.

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La caméra serait équipée de deux lentilles : la cornée et le cristallin. La cornée est la lentille la plus puissante de l’œil (téléobjectif), et permet de faire converger l’image vers le film ” photographique ” sensible qu’est la rétine. Mais il faut aussi que le cristallin agisse sur le rayon lumineux pour que l’image se forme précisément en un point de la rétine (focalisation) et soit vue nettement par le cerveau (écran de télévision). Le cristallin est le zoom et permet la mise au point de l’image ou ” accommodation “.

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L’accommodation est le moyen par lequel l’œil peut se régler automatiquement pour voir de loin ou de près selon les besoins grâce au cristallin.

On peut comparer cela au système de mise au point automatique d’un appareil de photo. Le cristallin est une lentille qui est à l’intérieur de l’œil. La puissance du cristallin peut varier. Quand on observe un objet situé au loin, le cristallin est au repos ; quand l’objet se rapproche, le cristallin bombe et augmente sa puissance, ce qui permet de voir de près.

Exemples de distances de lecture suivant l’âge montrant ainsi l’évolution du cristallin :
– Enfant de 2 ans : 5 cm
– Enfant de 6 ans : 7 cm
– Adulte de 20 ans : 10 cm
– Adulte de 40 ans : 25 cm
– Adulte de 70 ans : 2m

Lorsque toutes ces lentilles sont transparentes, sont bien réglées et fonctionnent parfaitement, nous voyons nettement. Il suffit que l’une d’entre elle soit déréglée pour que la vision soit floue de loin, de près ou les deux. Mais attention, vous pouvez voir flou pour une autre raison, et les lunettes ne permettent pas toujours de voir net, de même que le changement des objectifs de l’appareil photographique ne permettra pas de réaliser de belles photos si vous oubliez de mettre un bon film photographique dans l’appareil !

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Testez votre vue

Comment mesurer la vision ?

La vision de loin est mesurée en faisant lire des caractères sur un panneau ou écran situé à 4 mètres environ. L’acuité visuelle de loin est mesurée en dixièmes. L’acuité de près est mesurée sur l’échelle de Parinaud « p ». On considère que la meilleure acuité visuelle est de 10 dixièmes (10/10) de loin , et Parinaud 2 (p. 2) de près.

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L’acuité visuelle non corrigée varie selon l’importance de la myopie, de l’hypermétropie, de l’astigmatisme et de la presbytie. Cependant, il est possible d’avoir une acuité visuelle limitée à 5/10 par exemple, même sans myopie ou avec les meilleures lunettes possibles, du fait d’une anomalie au niveau de l’appareil photographique qu’est l’œil, qu’il s’agisse d’une maladie des objectifs que sont la cornée ou le cristallin ( cataracte…) ou du film photographique qu’est la rétine ( dégénérescence maculaire, diabète, choroîdose myopique etc…), ou du “ cordon électrique ” reliant l’œil au cerveau : le nerf optique ( neuropathie optique..)(Voir schéma).

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Comment mesurer le degré de myopie, d’hypermétropie, d’astigmatisme et de presbytie ?

Le degré de myopie ou de toute autre amétropie (hypermétropie, astigmatisme, presbytie) se mesure en dioptrie. Il est fonction de l’importance du verre correcteur qu’il faut placer devant l’œil pour que la meilleure acuité visuelle soit atteinte, en sachant que les 10/10èmes fatidiques ne seront pas atteints par tous !!! Nos yeux sont tous différents, et certains d’entre nous voient mieux que d’autres, voient même des caractères plus petits que 10/10, et arrivent à 20/10èmes !! D’autres ne voient pas mieux que 3 ou 2/10, voir moins…

Certains d’entre nous courent plus vite que d’autres, certains sont même champions olympiques, d’autres sont handicapés. Il en va de même pour les yeux, et malheureusement, avec l’âge, nous courons moins vite et nous voyons moins bien, même si l’on bénéficie des techniques chirurgicales les plus sophistiquées pour être opéré de la cataracte, de la myopie ou autre.

Le degré de myopie est mesuré en dioptries (d.) avec un signe négatif devant ( verre concave ). Cette unité sert à mesurer la puissance d’un verre de lunette ou d’une lentille de contact ou à programmer le laser pour la correction chirurgicale. Plus la myopie est élevée, plus les valeurs sont élevées derrière le signe négatif.

On distingue :
– les myopies faibles (-0.50 D à – 3.00 D),
– les myopies moyennes (-3.00 D à – 6.00 D),
– les myopies fortes (-6.00 D à – 12.00 D),
– les myopies extrêmes (- 12.00 D à – 30 .00 voire plus encore.)

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Quelle différence y a-t-il entre les dioptries et les dixièmes ?

– Les dioptries représentent l’unité de mesure de la puissance d’un verre correcteur à placer devant un œil afin qu’il voie le mieux possible.
– Les dixièmes expriment la taille des lettres lue au loin par un oeil. Plus les lettres sont petites plus les dixièmes augmentent.

Il existe une relation approximative entre la myopie (en dioptries) et la vision de loin non corrigée (en dixièmes).
Pour une myopie de – 0.75 D , la vision est de 5 à 8/10 sans correction.
Pour une myopie de – 1.50 D, la vision est de 2 à 4/10 sans correction.
Pour une myopie de – 3.00 D, la vision est inférieure à 1/10 sans correction.
Pour une myopie de – 6.00 D, la vision est inférieure à 1/20 sans correction.
Au-delà, la vision sans correction n’est pas chiffrable.

C’est dire combien une myopie même faible peut être un handicap dans la vie.
On peut considérer cependant que la vue est correcte au delà de 5/10èmes. En effet, il ne faut pas penser que, lorsque l’acuité est de 5/10émes, on voit seulement 50% de l’acuité maximale. La courbe n’est pas linéaire mais logarithmique, aussi il y a la même différence entre 1/10 et 2/10 qu’entre 2/10 et 10/10èmes ! Lorsque la vision progresse de 2 à 5/10, le progrès est beaucoup plus grand qu’entre 5 et 10/10èmes, alors que le progrès n’est que de 3/10èmes dans le premier cas et 5/10èmes dans le second.

Comme pour la myopie, le degré d’hypermétropie ou de presbytie est mesuré en dioptries, mais avec un signe positif devant. (Verres convexes)
Il existe des hypermétropies faibles (+ 0.50 D à + 3.00 D), modérées (+3.25 à +5.75), ou fortes (supérieures à + 6.00 D).

On reconnaît un myope derrière ses verres car ses yeux paraissent plus petits qu’en réalité, alors que les yeux d’hypermétropes paraissent plus gros.

La presbytie varie de + 0.50 à + 3.50 D, et progresse avec l’âge. Le verre que l’on doit ajouter pour voir de près s’appelle ” addition “. A 50 ans, l’addition est environ de +1.50. Elle progresse lentement pour atteindre +3.50 D. vers 55/60 ans. A ce stade, le cristallin n’accommode plus du tout et il faut ajouter un verre convexe de 3.50 D. pour que le travail inexistant du cristallin soit compensé et que la lecture soit à nouveau possible à une distance de 35 cm environ.

L’astigmatisme varie de +/- 0.25 à +/- 10.00 D. Un verre cylindrique concave ou convexe, associé à un verre sphérique si une myopie ou une hypermétropie s’ajoutent à l’astigmatisme, permettra de corriger cette amétropie. Ces deux verres ne font qu’un bien sûr lorsque les lunettes sont fabriquées. Leur coût est plus élevé, surtout si une presbytie associée impose la réalisation d’un verre progressif.

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Comment interpréter une prescription de lunettes et de lentilles de contact ?

Une prescription de verres de lunette comprend un nombre indiquant la puissance de la correction sphérique en dioptries et si nécessaire la puissance cylindrique (sur l’axe à corriger) et la direction de l’axe de l’astigmatisme. ” Addition ” correspond au verre convexe qu’il faut ajouter pour voir de près.

Exemple de formule de verre de lunettes :

– 5.00 – 2.0 à 90°      Add. +3.00

– 5.00 signifie qu’il faut un verre concave (indiqué par le signe négatif) de 5 dioptries pour corriger la myopie.
– 2.00 correspond à la puissance du cylindre pour corriger l’astigmatisme myopique.
90° est l’axe du cylindre
+3.00 est l’addition pour la presbytie

Mais cette formule et les suivantes :

5.00 (- 2.00 à 90°) Add. +3.00
ou
5.00 – 2.00 x 90° Add. +3.00
ou
– 2.00 à 90°- 5. 00 Add. +3.00
ou
90°- 2.00 – 5.00 Add. +3.00
ou
-7.0 +2.0 à 0° Add. +3.00
etc.

sont équivalentes !!!

Ne vous étonnez donc pas d’avoir des ordonnances apparemment différentes pour une correction identique !!!

Pour les lentilles de contact la correction myopique est souvent un peu plus faible qu’en lunettes. L’ordonnance précise le diamètre de la lentille et son rayon de courbure. L’astigmatisme faible n’est que très rarement corrigé en lentilles de contact. L’astigmatisme plus élevé impose d’avoir recours à des lentilles toriques plus épaisses, lestées dans l’axe à corriger, et plus difficilement tolérées. La qualité de la vision est souvent meilleure en lentille qu’en lunettes car les aberrations optiques sont moins grandes.

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