Actualités • Institut de la myopie

Actualités en ophtalmologie 1

La vision au volant

L’Association nationale pour l’amélioration de la vue (Asnav) communique chaque année, à l’occasion des Journées de la vision (octobre 2007), les résultats d’une enquête portant sur la prise de conscience des enjeux liés à la bonne santé visuelle.
Tout d’abord, bonne nouvelle, les Français font davantage contrôler leur vue. Ils sont 57% à l’avoir fait dans l’année écoulée, contre 48% en 2005. Cette progression est encore plus marquée chez les non porteurs de lunettes puisqu’ils n’étaient que 30% en 2005 à avoir fait contrôler leur vue, contre 50% aujourd’hui. En revanche, Les porteurs occasionnels de lunettes les “chaussent” trop peu souvent pour conduire leur voiture en ville,
– Sur la base de 40 millions de conducteurs de 18 à 60 ans, 8 millions de conducteurs ont une vision défaillante non ou mal corrigée; et parmi eux plus d’un million circulent avec une vue inférieure aux 5/10e requis par le code de la route. La raison évoquée par 88 % d’entre eux est qu’ils estiment voir encore suffisamment bien sans lunettes pour effectuer des trajets courts, répétés et à un rythme lent.
– 14 millions portent systématiquement des lunettes, tandis que 7 millions ne les portent qu’occasionnellement. Ces porteurs de lunettes occasionnels sont atteints de presbytie (45%), de myopie (42%) ou d’astigmatisme (34%).
– Parmi ces 7 millions, seuls 17% portent systématiquement leurs lunettes pour conduire et 42% ne les portent jamais au volant.
– Étonnamment, ils mettent davantage leurs lunettes pour réaliser des activités moins ” risquées “, comme lire (65% portent leurs lunettes) ou travailler sur ordinateur (69%).
L’enquête demande une nouvelle fois un renforcement du contrôle visuel des automobilistes.

 

Le kit laser femtoseconde + laser excimer 2 en 1

C’est la fin des chirurgiens des blocs opératoires et des cliniques spécialisées fort onéreuses. Avec un petit appareil trouvé sur le net, destiné à ceux qui ne sont pas fortunés, il est possible de s’opérer soi-même de la myopie à la maison. Pour moins de 100 $ (99,95 exactement) cet appareil est livré ‘at home’. Le kit est complet puisqu’il comprend aussi un flacon de collyre empêchant de cligner, un flacon de comprimés (probablement pour calmer la douleur bien que l’ opération soit annoncée comme indolore) et un masque pour pouvoir dormir comme dans les avions. L’efficacité est certifiée. Il suffit de remplir un petit formulaire d’une case indiquant la correction de la myopie ou de l’hypermétropie (chirurgie personnalisée qui apparemment ne marche pas pour l’astigmatisme). L’appareil regroupe à la fois un laser femtoseconde et un laser excimer dans un faible volume puisqu’il tient dans la main. La notice détaille la procédure simplissime en 4 étapes, la première consistant à s’isoler loin du chien de la maison (peut-être pourrait-il être tenté lui-aussi mais pas de chance l’appareil est à usage unique). Les résultats sont bons puisque la vision obtenue permet de piloter les avions et les hélicoptères, de tirer à l’arc ou la peinture pour les comtemplatifs. Un petit bémol cependant: il est précisé en toute honneteté que l’appareil n’a pas encore obtenu l’autorisation de la Food and Drug Administration. Le problème doit peut-être résider dans l’action un peu profonde du laser excimer puisqu’il est décrit une vaporisation du cristallin. 3 témoins désargentés semblent très satisfaits, un barman, un avocat et un analyste financier. Il est recommandé une légère sédation pré-opératoire par Valium. Probablement que le reste du flacon trouvera aussi son utilité en post-opératoire.

 

L’ œil artificiel

Est actuellement expérimenté un système de de puces électroniques pouvant être utile aux personnes atteintes de dégénérescence maculaire ou de rétinite pigmentaire. Une puce pilote des électrodes collées sur la rétine. On peut imaginer que ces puces soient un jour en relation avec une caméra vidéo par infrarouge. Pour tester la puce on simule par ordinateur l’envoi de signaux visuels simples comme des lignes ou des taches. Certains sujets ont pu voir les les lignes et localiser les taches et l’un d’eux a perçu la simulation d’un mouvement horizontal. Plusieurs groupes de recherche ont pour objectif la mise au point d’un oeil artificiel.

 

La moitié des Français sont conscients du rôle joué par l’alimentation dans la santé des yeux

Une enquête réalisée en 2006 dans 6 pays européens révèle que pour 45 % des Français l’alimentation joue un rôle important dans la santé des yeux. Un résultat cependant plus faible que chez nos voisins européens (à l’exception de l’Angleterre avec 43 %) : 63 % au Portugal, 59 % en Allemagne, 56 % en Italie et 55 % en Espagne. Les légumes à feuille verte sont, par exemple, naturellement riches en lutéine, un antioxydant appartenant à la famille des caroténoïdes, contribuant à la protection de l’oeil contre le vieillissement oculaire. Cet antioxydant commence à être mieux connu des Français (16 % contre 8 % en 2005). Dans certains cas, les compléments alimentaires peuvent constituer une aide intéressante et 49 % des Français se disent d’ailleurs prêts à y faire appel.

 

L’oncomoduline stimule la régénération du nerf optique

Des chercheurs américains ont identifié une substance, l’oncomoduline, principal médiateur de la régénération du nerf optique chez le rat. Ils montrent que cette protéine induit une forte régénération du nerf optique. Cette découverte ouvre « la possibilité qu’un jour l’oncomoduline pourrait se révéler utile pour réparer le nerf optique endommagé par le glaucome, les tumeurs ou les lésions traumatiques ».

– Campagne nationale sur le glaucome 2005
Le Comité de lutte contre le glaucome organise une campagne nationale 2005. Un « Camion du glaucome » parcourra six villes. Des livrets d’information et un dépistage gratuit (mesure de la tension oculaire et du champ visuel) seront proposés au public. Cette campagne est soutenue par la Société française d’ophtalmologie.

– La “consultation” ophtalmologique réalisée par les opticiens ?– communiqué du Syndicat national des ophtalmologistes français
Les ophtalmologistes se réjouissent de l’accord conclu avec l’assurance maladie, qui leur accorde un « accès spécifique » pour la prescription de lunettes, et pour le dépistage et le suivi du glaucome. Ils se félicitent de voir enfin officiellement reconnu par l’assurance-maladie et les professionnels médicaux ce grave problème de santé publique. Ils rappellent notamment que le dépistage et le suivi du glaucome exigent des examens particulièrement complexes, et soulignent qu’ils vont pouvoir être considérablement renforcés, d’une part grâce aux nouvelles dispositions décidées entre l’assurance maladie et les représentants des médecins, mais aussi par le développement de la collaboration entre les ophtalmologistes et les orthoptistes, comme aides techniques. Mais les ophtalmologistes s’inquiètent des déclarations de la Maaf, qui envisage de financer des actes de prévention, notamment vis-à-vis du glaucome, en incitant ses « clients » à se faire dépister par des opticiens, au lieu de consulter un ophtalmologiste. Sur les 3 millions d’adhérents que revendique la Maaf, on peut estimer, d’un point de vue statistique, que risquent d’échapper au dépistage et au suivi : 40 000 glaucomes, 17 500 cataractes, 64 800 DMLA, 105 000 diabétiques, 200 décollements de rétine / an, 21 mélanomes / an, et 300 tumeurs intracrâniennes /an. Comment la MAAF peut-elle proposer une « consultation » dans un magasin d’optique ? La consultation n’est pas un acte commercial.

 

Transplantation de cellules rétiniennes

Une équipe américaine de Louisville a implanté chez une femme de 63 ans presque aveugle des cellules rétiniennes prélevées sur un foetus. Elle a pu de nouveau lire et voir les visages. Le recul est actuellment de deux ans et demi et l’amélioration de la vision a persisté. Cette expérience renouvelée chez d’autres patients suscite un grand espoir chez les patients dont la rétine est très atteinte par une rétinopathie pigmentaire ou une dégénérescence maculaire par exemple. Plus généralement il est permis d’espérer dans l’avenir des cellules-souches issues du foetus dans les premiers stades de son développement qui peuvent générer tous les tissus de l’organisme (rétine, globules, os, cartilage, coeur …). Une dizaine d’années sera probablement nécessaire avant d’administrer ce traitement aux êtres humains. Des questions éthiques peuvent se poser car les cellules sont prélevées sur des foetus issus d’avortement.

 

Les hôpitaux mobilisés pour augmenter le nombre de donneurs d’organes

Face à la pénurie d’organes, l’Etablissement français des greffes (Efg) organise une campagne d’information sur le don d’organes auprès des personnels hospitaliers, notamment aux urgences, en réanimation ou en soins intensifs, dans le but d’augmenter l’activité de greffe d’organes en France. En parallèle, l’Efg met en place des sessions de formation permettant d’aider les médecins à développer cette activité à l’hôpital et à délivrer une information claire et transparente aux proches des donneurs potentiels. Chaque année, plus de 10 000 personnes ont besoin d’une greffe d’organes et seulement 3 410 ont pu en bénéficier en 2003. Pour augmenter le nombre de prélèvements et donc de greffes en France, il existe deux terrains d’actions complémentaires. Le premier consiste à chercher, par le biais de campagnes nationales et régionales, la réduction du taux de refus en incitant le public à prendre une position et à la faire connaître à ses proches. La seconde action concerne la sensibilisation et la mobilisation des professionnels de santé à l’importance du prélèvement et de la greffe. Quelque 80 hôpitaux inaugurent, jusqu’en février prochain, l’action de communication intitulée « Un réflexe pour la greffe ». « Compte tenu du potentiel que l’on connaît dans ces hôpitaux, l’engagement de 80 hôpitaux à recenser annuellement deux donneurs potentiels pourrait conduire à une augmentation annuelle significative du nombre de greffes d’organes : 240 malades supplémentaires pourraient être greffés chaque année », indique-t-on à l’Efg.

Le laser femtoseconde, un nouveau laser contre la myopie

Ce laser est une véritable révolution dans la correction chirurgicale non seulement de la myopie mais aussi de l’astigmatisme et de l’hypermétropie-presbytie. La technique du Lasik utilisée jusqu’à présent s’effectue en deux temps. Le premier temps utilise un microkératome, sorte de minuscule “rabot” pour soulever une lamelle de cornée, le second un laser excimer pour remodeler la cornée dans sa profondeur. Le premier temps peut entraîner des problèmes de découpe de la lamelle, certes très rares, ou d’érosions de la surface cornéenne. Le microkératome peut désormais être remplacé par un nouveau laser femtoseconde ou Intralaser qui permet une plus grande précision dans la découpe de la lamelle qui peut être plus fine et évite pratiquement tout problème de découpe. La totalité du Lasik peut ainsi être réalisée au laser, permettant de rendre la chirurgie des troubles visuels encore plus sûre et plus précise. Par ailleurs, cette technique permet de réaliser des lamelles plus minces donc de traiter des myopies plus fortes jusque-là inaccessibles au Lasik. Ce laser n’est actuellement disponible que dans deux centres en France.

La rétine artificielle

Des chercheurs américains de Stanford ont développé une puce implantable en tant que rétine artificielle pour les dégénérescences maculaires liées à l’âge. D’autres types de puces utilisent l’électricité pour stimuler les nerfs. Cette nouvelle puce, par contre, utilise de très petites quantités de médiateurs chimiques remplaçant les neurotransmetteurs qui font communiquer les cellules nerveuses entre elles. Cette puce pourrait s’adresser à des personnes très atteintes alors que celles qui ont encore des cellules visuelles actives pourraient être traitées par transplantation de rétine. Les chercheurs pensent qu’il faudra encore de nombreuses années avant de pouvoir procéder à des essais cliniques chez l’homme.

 

Un télescope intraoculaire contre la dégénérescence maculaire liée à l’âge

Des patients espagnols atteints de dégénérescences maculaire liée à l’âge atrophique ont été opérés avec remplacement du cristallin par un télescope miniaturisé implanté dans le sac capsulaire. De nombreux problèmes postopératoires sont survenus, certains ayant nécessité l’explantation du télescope. Cependant cette étude montre la possibilité technique de l’implantation d’un télescope intraoculaire miniature ayant amélioré l’acuité visuelle de patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge.

 

La vision et la conduite automobile

Une étude récente de l’Asnav (Association nationale pour l’amélioration de la vue) a montré que 30% des conducteurs présentaient un défaut visuel, « 5% voient très mal et l’ignorent », et 2% ont une activité visuelle ne permettent pas de passer ou de conserver le permis de conduire. En cas de difficultés croissantes à conduire la nuit, d’éblouissement qui augmente, et de difficultés à évaluer les distances, il faut consulter un ophtalmologiste. Par ailleurs le champ visuel diminue à mesure que la vitesse augmente. il est réduit à 30% à 130 km/heure, c’est-à-dire limité à la vison centrale de la route.

 

Dépistage des déficits visuels chez le jeune enfant

A l’occasion de la rentrée des classes de maternelle, les enfants de moins de 4 ans seront soumis à un examen systématique de la vue dans les prochains mois. L’ amblyopie peut être dépistée et traitée avant l’âge de 6 ans. Le globe oculaire opère 90% de sa croissance pendant les trois premières années. Il est donc important de dépister les problèmes éventuels le plus tôt possible. Sinon, le handicap risque de s’aggraver gênant l’enfant dans son apprentissage. Sont préconisés un examen à un an, puis une visite chez l’ophtalmologiste vers 3-4 ans, quand les réponses des enfants sont fiables.

 

Le piercing de l’oeil

L’implant cosmétique oculaire (JewelEyeTM) a été développé par le Netherlands Institute for Innovative Ocular Surgery. Il peut être implanté sous la conjonctive. Il n’a pas d’action sur la fonction et la motilité oculaires. Cet implant est fabriqué dans une matière spéciale qui peut être moulée pour obtenir toutes les formes et tailles désirées. Il mesure 3,5 mm de diamètre et est disponible sous forme d’anneau, de coeur et d’étoile. En Hollande, l’implant cosmétique oculaire n’est pas considéré comme un implant médical. On attend le brevet.

L’implant multifocal

Le taux de satisfaction des patients bénéficiant d’un implant multifocal est très élevé. Cependant, un faible pourcentage rapporte une gêne visuelle dont la gestion est capitale. Il peut s’agir :

  • de flou dû à une sécheresse ou une inflammation oculaires : elles sont transitoires et doivent être traitées par des larmes artificielles, voire des bouchons méatiques, ou d’anti-inflammatoires locaux.
  • D’une amétropie, notamment un astigmatisme : le traitement par lasik ou PKR s’impose alors. Très exceptionnellement, le remplacement ou l’addition d’un implant s’impose.
  • D’une opacification capsulaire : l’ouverture capsulaire de la capsule au laser Yag s’impose.
  • De halos, photophobie : leur réduction par des collyres pupillo constricteurs permet de patienter les quelques semaines nécessaires pour leur atténuation.
  • D’images fantôme : le recentrage de l’implant peut parfois être nécessaire.

Verres photochromiques ou filtrants variables

Les verres photochromiques s’assombrissent sous l’action des UV., et s’éclaircissent sous l’action de la chaleur et en l’absence d’UV.

Les UV. transforment les molécules photosensibles qui sont intégrées dans ou sur le verre, et teintent le verre.

Par conséquent, ces verres se teintent mieux sous l’effet des UV et au froid, ils seront peu ou pas teintés derrière un vitrage ou un pare-brise, et moins sombres en cas de température élevée.